PLÉTHORE D’ÉTALONS

PLÉTHORE D’ÉTALONS

Il fut un temps béni où pour être étalon admis à la monte, il fallait réussir les examens les plus difficiles et une fois approuvé, faire ses preuves chaque année en cycle classique et au moindre faux-pas, la carrière s’arrêtait. C’était le plus haut niveau universitaire.

Mais le monde moderne est arrivé, de nouveaux studbooks apparaissent, certains mêmes approuvent les étalons….. en payant !

Le résultat est qu’il y a aujourd’hui autant d’étalon approuvés que de juments.

Les statistiques montrent que la plupart d’entre eux seront incapables de prester en concours à quelque niveau que ce soit et tomberont rapidement dans l’oubli.

Pour les éleveurs, le printemps est la période des catalogues d’étalons, tous plus beaux les uns que les autres, et des shows d’étalons où chaque propriétaire vous dit que son étalon est le plus grand, le plus beau, le plus fort et qu’il convient à toutes les juments du monde. La plupart des éleveurs y perdent leur latin.

C’est souvent une belle photo, un seul saut « crapuleux » ou un papier « d’enfer » qui créent la décision. En réalité, tout dans le commerce de chevaux que dans la vente de saillie, c’est la confiance mutuelle entre l’étalonnier et le client qui crée les mariages les plus heureux.

L’étalonnier digne de ce nom a le devoir de passer du temps avec ses clients, d’étudier leurs juments afin de leur conseiller le meilleur croisement et que chacun y trouve son compte.

Nous tenons absolument à demeurer des artisans sélectionneurs et ne surtout pas devenir des distributeurs de semence d’étalons que nous ne connaissons pas au quotidien. En les montant chaque jour, nous sommes capables de conseiller les meilleurs mariages à nos clients. C’est cette confiance bâtie au fil des années qui engendre la réussite des éleveurs et qui rend notre métier si agréable.

Daniel BOUDRENGHIEN